Fidélité.

Jérémie: « La fidélité est morte, on n’en parle plus. »

C’est Dieu qui le dit. « Ils n’écouteront pas, ils ne répondront pas. »

Nous savons le prix de la fidélité dans nos vies. Ceux sur qui l’on peut toujours compter, dont on est sûr qu’ils répondront, qu’ils seront là même sans qu’on les appelle. La tristesse nous étreint quand nous sommes délaissés, oubliés, et encore plus par ceux dont on sait à l’avance qu’ils ne seront pas là. C’est la tristesse de Dieu quand on le délaisse. Peut-il compter sur nous? Et comptons-nous vraiment sur lui? C’est si grave.

Sagesse.

Deutéronome 4, 6: « Tous les peuples s’écrieront: Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation! » Quelle arrogance chez ce petit peuple! Les sages et les intelligents ne manquaient pourtant pas en Égypte et en Mésopotamie, et Israël ne s’est pas privé de leur emprunter. L’Occident d’aujourd’hui se complaît encore dans sa science et ses techniques. Pour la sagesse, il a beaucoup à recevoir des autres, des vieux sages africains, des vénérables traditions asiatiques, et des survivants amérindiens. Les occidentaux sont seulement plus bavards et vantards.

Joseph, le taiseux aux songes.

Nous n’avons pas une parole de lui. Il ne demande pas à Marie de s’expliquer. Il songe, et il décide de répudier Marie discrètement. Mais avant cela, parce que c’est un sage, il dort. Et dans son sommeil il a un songe qui non seulement l’éclaire mais qui lui donne une mission: il doit adopter l’enfant en lui donnant un nom. Jésus s’appellera fils de Joseph, fils de David.

Joseph dormant. Le pape François a confié avoir dans son bureau une image de Joseph dormant. Et quand il a un problème, une difficulté, il l’écrit sur un billet qu’il place sous Joseph « pour qu’il le rêve » a-t-il dit. Joseph dort ainsi sur un coussin de billets de François.

Quand Joseph se réveille, il agit selon ce qu’il a rêvé. « Il fit ce que l’Ange lui avait prescrit ». Et François commente: « Une fois écoutée la voix de Dieu, nous devons nous lever et agir ».

Joseph a reçu le titre de gardien de l’Église, custos Ecclesiae. Qu’il veille sur nos sommeils, nos songes, nos réveils, et nos décisions à mettre en oeuvre dans la fidélité silencieuse. Qu’il nous rêve.

Rejets.

Joseph rejeté par ses frères. Jésus rejeté par les scribes et les pharisiens. La pierre rejetée devenue la pierre d’angle.

Combien de rejets dans l’actualité: leaders rejetés, leaders qui rejettent. Lynchages médiatiques. Le peuple a le tournis. Qui va s’imposer et rester en place? Et tous les migrants rejetés à toutes les frontières! Les sauveurs commencent par être rejetés, mais tous les rejetés ne sont pas sauvés. Qu’il est donc difficile d’accueillir et d’être frères! Dieu voulait pourtant que Jésus ait une multitude de frères pour être avec lui une multitude de fils. Il faut y travailler au plus proche.

Le cœur.

« Le cœur de l’homme est compliqué et malade » dit Jérémie. Compliqué dans sa manière d’aimer souvent hésitante, maladroite, jalouse. « Unifie mon cœur » dit un psaume. Et Jésus: « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

La douceur du cœur est le baiser de Dieu. Et le cœur humble est un sourire de Dieu.

Il faut du cœur à cœur avec Jésus.

Ambition.

Les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, sont ambitieux, et Madame Zébédée mère encore plus pour eux. Elle voit déjà les meilleurs portefeuilles qui leur reviendront: à droite et à gauche de Jésus. Il répond que le Père a déjà réservé ces deux places: pour les larrons qui seront crucifiés avec lui. Mais il ne blâme pas l’ambition, il dit simplement qu’ils ne savent pas où elle les conduira. Les jeunes ont droit à leurs ambitions qui peut les mener loin. Mais nous, les vieux? Gardons encore de l’ambition pour mûrir nos bons fruits. Les vieux pommiers ne donnent pas de vieilles pommes.

Le nom de père.

« Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. » « Vous êtes tous frères. »

On me demande souvent: faut-il vous appeler père ou frère? Le nom de frère donné à chacun écarte les différences entre nous. Dans la Règle, c’est l’Abbé qui a le titre de père: Abba, et Saint Benoît dit curieusement que c’est le nom du Christ. Mais il dit aussi