Gîte.

« Un lièvre en son gîte songeait

Car que faire en un gîte à moins que l’on ne songe ».

La Fontaine m’a fait ce clin d’œil tandis que je regardais la pluie à travers les rideaux. Mais mon écran m’a rapporté les attentats de Barcelone. Je vais donc quitter mon gîte et aller pleurer avec Dieu sur la misère du monde.

Faces.

« Il ne s’est plus jamais levé en Israël un prophète comme Moïse, lui que le Seigneur rencontrait face à face. » (Dt)

Il s’est levé jésus, dont la face était tournée vers la face du Père, mais aussi constamment tournée vers les faces des pauvres. Qu’il tourne nos faces vers lui.

Occupations.

Les versets du Deutéronome que nous lisons aujourd’hui sont tristement actuels: Israël occupe des villes qu’il n’a pas bâties, capte l’eau, jouit de vignes et d’oliviers qu’il n’a pas  plantés. Nous lisons au réfectoire un livre de la maire de Bethléem, et c’est ce dont elle témoigne: le pouvoir israélien dépossède les palestiniens. Même le « champ des bergers », prairie où les bergers de Noël auraient été visités par les anges, est accaparé. Est-ce la vocation d’Israël, ou son destin, de spolier et d’occuper?

Portes.

Ma chambre a deux portes: l’une sur le couloir intérieur, et elle est fermée, il faut frapper pour que j’en autorise l’ouverture; l’autre donne sur le jardin, elle est ouverte à la belle saison, mais quand elle est fermée, comme elle est entièrement vitrée, elle ouvre encore le regard. Dans le bâtiment d’en face, toutes les portes sont fermées. Elles protègent l’intimité de chacun, mais l’alignement des portes fermées est rude. Qui a dit: « Ouvrez vos portes! » ? On vous dira bonjour en passant.

La porte ouverte indique l’ouverture du cœur. « Patet janua, magis et cor« , la porte est ouverte, le cœur plus encore.

Projets.

Du Livre des Nombres: Des émissaires ont été envoyés en reconnaissance au pays de Canaan. La région est plantureuse, mais ses habitants sont redoutables et les avis sont opposés sur les projets de conquête: les uns sont prêts à y aller, les autres crient à la défaite assurée, et le peuple gémit. Dieu le condamne alors à gémir pendant quarante ans! Sans la volonté d’y aller, on est condamné à l’immobilisme.

Nous connaissons ces atermoiements devant un projet: est-il réaliste? En sommes-nous capables? Á trop hésiter, on ne fait rien. Le mouvement se prouve en marchant. Les audacieux sont gagnants.

Fantasmes.

Reprenons les bonnes vieilles habitudes…

Le peuple au désert est dégoûté de la manne quotidienne. Il rêve de viande, de poisson, de concombres, de melons, de poireaux, d’oignons et d’ail. C’est ce que nous avons sur nos tables chaque semaine. D’autres en rêvent, peut-être tout près de nous. Savourons avec gratitude ce qui nous est offert.