Endurance.

Saint Jacques invite à l’endurance, à tenir bon, et il évoque le modèle de Job, le juste absolu soumis à l’épreuve absolue. Tenir bon donc non seulement dans la tranquillité des jours paisibles, qui requièrent déjà la persévérance, mais dans la tourmente des malheurs. Nul ne peut y inviter ceux qui en sont éprouvés, même si on l’a soi-même vécu. Les amis de Job ne sont que des beaux parleurs. Ils avaient commencé par rester en silence. Ils auraient dû s’y tenir. Se tenir auprès de l’autre pour l’aider à tenir.

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Inch’Allah!

Les musulmans ne parlent jamais au futur sans dire d’abord: inch’Allah, si Dieu veut. C’est aussi ce que Saint Jacques recommande; « Si le Seigneur le veut, nous serons en vie pour faire ceci ou cela », car « vous n’êtes qu’un peu de fumée qui paraît un instant puis disparaît ». Et il ajoute: « Vous mettez votre orgueil dans des projets prétentieux! » Avis à ceux qui ont des prurits pour l’avenir. Jésus le disait bien: « Demain s’occupera de lui-même, à chaque jour suffit sa peine ». Que les inquiets nous laissent vivre l’aujourd’hui.

Douceur.

Dès le lendemain de Pentecôte, la liturgie devient « ordinaire », ce qui ne signifie pas banal. On pourrait dire: au fil des jours… Et ce temps s’ouvre avec le vœu de St Jacques: « Que la douceur de la sagesse inspire les actes ». C’est un beau fruit de l’Esprit de Pentecôte. Ces jours ne seront pas forcément ordinaires pour tout le monde. Mais qu’un peu de douceur soit donné à chacun.

M’aimes-tu?

« Un certain Jésus » dit Festus, le gouverneur romain de Césarée. C’est autour de l’an 58 et Festus n’avait pas entendu parler de Jésus plus de vingt-cinq ans après sa mort. Ses disciples ne devaient donc pas faire beaucoup de bruit. Encore quelques années et on parlera de lui dans tout l’empire. Mais il a fallu ce temps où l’oubli l’a guetté. « Un certain Jésus qui est mort mais que Paul déclare vivant ». Il sera proclamé vivant dans les assemblées de disciples jusqu’à nous.

C’est lui qui a demandé trois fois à Pierre: « M’aimes-tu? » Nous recevons cette question en plein visage, et comme il est difficile d’y répondre! C’est bien  vrai que je l’aime au fond de mon cœur, mais si mal dans ma vie, dans mes actes. Il faut pourtant lui dire tout bas: « Tu sais bien que je t’aime ».

Puissances et forces.

Lu en finale du livre de Jean-Louis Chrétien « Fragilité« , un peu austère mais comme toujours dans un français châtié: « La lutte permanente entre puissances de sénescence et forces de jouvence constitue la dramatique de l’histoire individuelle aussi bien que collective. »

Dans l’évangile de Jean lu aujourd’hui, Jésus, quant à lui, veut mettre en nous sa joie et que nous en soyons comblés, jeunes ou vieux. Il suffit d’y ouvrir le cœur. L’Esprit sait comment l’ouvrir.

Matthias.

Matthias tiré au sort pour remplacer Judas. Nous ne savons rien d’autre de lui. Remplaçant du traître.

Cher Matthias qui sauve le nombre des Douze parce qu’il a été auprès de Jésus depuis le début.  Patron de tous ceux qui sont appelés en remplacement, en seconde main, et qui l’acceptent sans dire un mot.

Éloquence.

Apollos a dû faire de l’ombre à Paul. Venant du milieu intellectuel d’Alexandrie, il était éloquent et versé dans les Écritures  Il a eu ses disciples mais il n’a pas laissé d’autre trace. Tant de discoureurs et d’écrivains ont fait leur temps. Les grands demeurent.

J’ai arpenté les plateaux de Brie avec Paul Beauchamp en déclamant les oraisons funèbres de Bossuet que nous savions par coeur. Magie de l’éloquence. Salut à Apollos.