Homélie

Mon homélie de dimanche est sur notre site.

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J’y vais!

Quel contraste: Dans la lecture de Zacharie, chaque juif est tiré par son vêtement par dix étrangers: « Nous allons avec toi à Jérusalem! Moi, j’y vais! » Mais dans Luc, les samaritains refusent d’accueillir Jésus parce qu’il va à Jérusalem.
Où allons-nous, mes amis, pour pouvoir dire aux autres: « Venez avec moi! »?

Douceur.

Il fait doux.
Un Psaume nous fait chanter la voix du Seigneur de l’orage qui fracasse les cèdres du Liban. Mais à Elie, Dieu ne s’est pas manifesté dans l’orage, il est passé dans un souffle léger. La douceur de l’air murmure la parole de Jésus: « Je suis doux et humble de cœur ». « Heureux les doux, ils posséderont la terre ». Ce sont les violents qui tiennent la terre en bien des lieux. Mais les doux la font tenir.
La nature dit l’évangile.

Répit.

Esdras: « Dieu a fait briller nos yeux, il nous a donné un peu de répit ». Darius, roi de Perse, a permis la reconstruction du temple de Jérusalem. Les yeux d’Esdras en sont illuminés, après tant de souffrances. Aujourd’hui, en quelques lieux d’Irak ou de Syrie ravagés par Daech, les chrétiens réparent leurs églises saccagées. Qu’ils soient dans nos cœurs alors que nous célébrons notre culte dans la sérénité, avec tous ceux qui espèrent un peu de répit dans leurs souffrances.

Familles.

En se lançant dans sa mission, Jésus laissait sa famille à distance. Le groupe des disciples devenait sa nouvelle famille. Mais sa mère l’a suivi jusqu’à la croix. Et nous connaissons la place de ses frères, en particulier de Jacques, dans la première communauté de Jérusalem. Ses frères ont bien fait une tentative pour le ramener à la maison, à un moment où ils ont pensé qu’il avait perdu la tête. Mais par la suite ils ont été de ceux qui écoutaient sa parole, et ils sont donc devenus ses frères d’une nouvelle manière.
En nous engageant dans la vie monastique, nous avons aussi établi une certaine distance avec nos familles. Nous aimons cependant y trouver refuge quand nous en avons besoin, et même profiter de leurs biens et de leurs maisons, ce qui maintient des inégalités entre nous. Le lien avec nos familles est donc complexe. Mais comme pour les disciples de Jésus, notre première famille est notre communauté. C’est là que nous écoutons ensemble la Parole de Dieu et que nous nous aidons à la mettre en pratique.

Beaux vers.

Je lis le beau volume de correspondance entre Marie Noël et l’abbé Mugner. Heureux temps où l’on écrivait avec application la plume à la main. On n’écrit pas de la même façon au clavier et je garde soigneusement l’habitude de couvrir des pages avant de les recopier sur mon écran.
L’abbé Mugner écrit à Marie Noël: « Vous avez une harpe au cœur et dans les mains. Vos vers sont exquis de fraîcheur, de candeur, de fantaisie ». Mais les lettres de Marie Noël la révèlent souvent en proie à la dépression, que Guardini appelait mieux la mélancolie. Sur ce terreau éclosent de bien jolies fleurs. Allons, mon âme, ne déplore pas tes langueurs, laisse le temps les faire fleurir.

Femmes.

« Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qu’il avait délivrées et guéries ». Trois sont nommées: Marie-Madeleine, Jeanne et Suzanne.Mais Luc dit qu’il y en avait beaucoup d’autres et qu’elles aidaient de leurs ressources le groupe des Douze. Elles étaient donc bien pourvues.
Elles sont toujours là dans les communautés chrétiennes avec leurs ressources multiples. Dans les célébrations liturgiques elles ne siègent jamais à côté des évêques et des prêtres, et pourtant elles pourvoient à tant de services que l’on n’appelle pas des ministères. Certaines qui ne sont pas bien délivrées ni guéries sont parfois scotchées aux communautés au risque de peser sur elles. Puissent-elles y trouver leur délivrance.